Ce dimanche, j`ai trouvé un joli tapis à Saint-Philibert-sur-Risle (27), récoltes pour la tisane des 4 fleurs* par exemple, en tout cas, elle sera très utile en tisanes pour l`hiver prochain

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Tussilage Tussilago farfara

Le tussilage (Tussilago farfara) ou pas-d'âne est une espèce de plantes herbacées de la famille des Asteraceae (Composées), la seule espèce encore acceptée du genre Tussilago.

C'est une plante vivace à rhizomes. Elle est typique des sols instables riches en bases : terrains vagues et remués. Elle fait partie des plantes pectorales les plus utilisées en phytothérapie.

 

Usages et propriétés

Tussilago farfara est cultivée en tant que plante ornementale ; elle est utilisée comme plante alimentaire et médicinale.

Constituants

Les feuilles contiennent beaucoup de salpêtre. Leur calcination produit 15,40 à 18,20 % de cendres

  
   
   
   
   
   
   
   

Toxicité

On sait que la plupart des alcaloïdes pyrroliziniques sont hépatotoxiques et mutagènes et que les plus toxiques d'entre eux sont les diesters macrocycliques. Or la senkirkine du tussilage est précisément un macrocyclique.

Hirono et collaborateurs ont d'abord montré en 1976 que les rats nourris à forte dose de fleurs de tussilage développaient un sarcome du foie (pour 8 sur 12 d'entre eux). Quelques années plus tard, une autre équipe toujours autour de Hirono montrait que la senkirkine injectée à des rats induisait des tumeurs hépatiques. Candrian et al. ont ensuite montré que la senkirkine avait une activité mutagène.

Sachant que la sensibilité aux alcaloïdes pyrrolizidiniques peut varier suivant les espèces et en l'absence d'étude sur l'homme, les avis des spécialistes sont assez partagés. La présence de senkirkine invite certains à proscrire l'usage régulier de tussilage.

Teinture

Les feuilles du tussilage teignent la laine en jaune-verdâtre avec de l'alun et en vert avec du sulfate de fer

Utilisations alimentaires

  • Les capitules floraux sont comestibles crus ou cuits. Les capitules sont à consommer en petite quantité car ils contiennent des alcaloïdes. Sous forme de tisane, le risque est limité car ces alcaloïdes ne sont guère solubles dans l'eau.
  • Les feuilles sont également comestibles. Très jeunes, elles peuvent se consommer crues, en particulier leur pétiole qui est juteux. Rapidement, les feuilles deviennent caoutchouteuses et seront meilleures cuites (particulièrement en beignet)
  • La cendre des feuilles séchées et brulées crée un succédané du sel. Elle a été utilisée comme condiment.

Plante à fumer

Le tussilage est un succédané passable du tabac. Il est conseillé de laisser fermenter les feuilles après les avoir empilées puis de les sécher. Botan (1935) conseille aux fumeurs un mélange à part égale de feuilles sèches de tussilage, de marronnier et d'aspérule odorante : les faire macérer dans de l'eau fortement sucrée au miel. Les refaire sécher, les comprimer et les découper finement comme du tabac. Deux parties de ce mélange ajoutées à une partie de tabac ordinaire compose un mélange à fumer délicat. Fumées, les feuilles de tussilage sont conseillées par P. P. Botan contre l'asthme et le coryza1,12,17.

Propriétés médicinales

Historique

Tussilago farfara

Depuis deux millénaires, le tussilage est un remède prescrit pour les mêmes indications aussi bien en Europe qu'en Chine. D'un bout à l'autre de l'Eurasie, la médecine traditionnelle le recommande avec constance depuis l'Antiquité comme antitussif.

  • En Europe

Le médecin grec du Ier siècle, Dioscoride, consacre une notice à une plante qu'il nomme bêchion βηχιον (qui calmerait la toux, βηχις, dont le français "béchique" dérive) qu'on considère être le tussilage. Après en avoir donné une description, il indique :

Les feuilles pilées guérissent de l'"erysipela" [infection de la peau] et des inflammations. Si on les sèche et brûle, la fumée inhalée à travers un entonnoir par la bouche guérit ceux affectés d'une toux sèche ou ayant des difficultés à respirer...Les Égyptiens la nommaient saartha, les Romains, tussilago...(De la Matière médicale, livre III, 126)

Le naturaliste romain du Ier siècle, Pline l'Ancien, reprend la prescription de Dioscoride pour une plante qu'il appelle farfarum ou farfugium, et dont il indique que "dans les vieilles toux, on en inspire la fumée à l'aide d'un entonnoir" (Histoire naturelle, tome II livre XXIV, trad. Littré). De la Matière médicale sera aussi souvent cité par Galien et restera la référence majeure de la thérapeutique romaine du Haut-Empire. Il sera imprimé à Venise en 1499 et restera jusqu'au XIXe siècle une source habituelle de tous les ouvrages de pharmacologie en Europe (Dachez).

Pendant longtemps, les médecins ont prescrit de fumer les feuilles de tussilage en guise de tabac, en cas d'asthme ou de coryza1.

Des praticiens de la fin du XVIIIe siècle (Fuller, Cullen, Hufeland) et du début du XIXe siècle (Bodard, Roques, Cazin) ont relaté les effets supposés de la décoction ou du suc frais des feuilles et racines du tussilage dans la scrofule19. Aujourd'hui, malgré des recherches récentes décelant une substance antibiotique, un glucoside amère et du tanin, rien n'explique les guérisons rapportées par ces auteurs1. Une étude sur les extraits de la plante entière a suggéré que les polysaccharides pourraient renforcer les défenses immunitaires et avoir une action anti-inflammatoire. 12

  • En Chine

À peu près à la même époque que Dioscoride (sous les Han postérieurs donc), le premier ouvrage de matières médicales chinoises était compilé et, allait comme l'ouvrage du médecin grec, servir de référence aux médecins traditionnels asiatiques jusqu'à l'époque actuelle. L'ouvrage en question appelé le "Classique de la matière médicale du Laboureur Céleste" (Shénnóng běncǎo jīng 神农本草经) consacre une brève notice à une plante nommée kuan dong hua 款冬花, le tussilage :

Acre et tiède. Traite principalement la toux, entrave le qi ascendant, l'essoufflement, le mal de gorge, divers types d'épilepsie, le mauvais qi [les mauvaises influences] chaud ou froid. Il porte aussi les noms de Kedong, Huxu, Tuyuan. Il pousse dans les montagnes et vallées.

Seize siècle plus tard, Li Shizhen (1518-1593), considéré par les Chinois comme le plus grand médecin naturaliste de l'histoire chinoise, synthétisa dans son "Grand traité de matière médicale" (Bencao gangmu) les connaissances médicinales de son temps. Il prescrit pour traiter la toux des fumigations faites avec des fleurs de tussilage mélangées à du miel.

Et avec une fidélité remarquable au passé, un ouvrage de pharmacologie chinoise publié en 2003 par les Universités de MTC de Nankin et Shanghaiindique deux fonctions pour le kuan dong hua 1) humidifie le poumon et descend le qi du poumon 2) expectorant, antitussif.

Usages médicinaux modernes

Le tussilage est un adoucissant, un émollient, un anti-tussif et un expectorant. L'infusions de feuilles ou de fleurs est utilisée en cas de toux, de bronchites, de trachéites et de rhumes. Mais ce sont surtout les fleurs qui sont employées en infusion ou en sirop. On utilise également les fleurs en teinture mère en cas de maladies pectorales, bronchites et crises d'asthmes allergiques. La teinture mère de feuilles, quant à elle est utilisée en usage externe en cas d'abcès et kystes et en usage interne en cas de diarrhées.

La plante renferme, en faible quantité un alcaloïde pyrrolizidinique, la senkirkine, toxique pour la cellule hépatique. Pour certains spécialistes, les doses médicinales courantes sont sans risques mais il faut éviter les traitements excessifs et prolongés. C'est pourquoi, elle est déconseillée pendant la grossesse, l'allaitement et ne convient ni aux enfants de moins de 6 ans ni en cas de maladie du foie. D'après F. Couplan, cet alcaloïde serait détruit par l'ébullition.

Cueillette des capitules et des feuilles

Les fleurs de tussilage seront récoltées au tout début de leur épanouissement car, trop ouvertes, à l'instar des astéracées, elles murissent leurs fruits au séchage. Elles doivent être séchées très rapidement en couche mince, dans un lieu sec et aéré. Les feuilles demandent moins de précaution


 

*Tisane des Quatre Fleurs

http://yoann.hue.free.fr/violetterecette2.html

La tisane pectorale dite "des quatre fleurs" est passée au fil du temps à 7 fleurs pour une plus grande efficacité, mais a gardé son appellation d'origine.

Elle se compose des fleurs séchées suivantes :

Ingrédients :  
  • 15 g de Molène bouillon-blanc (ou Molène noire)
  • 15 g de Coquelicot
  • 15 g de Guimauve
  • 15 g de Mauve
  • 15 g de Pied-de-chat
  • 15 g de Tussilage
  • 15 g de Violette
Préparation de la recette :

Mettez une demi-cuillère à café de ce mélange dans une grande tasse d'eau bouillante.
Laissez infuser 10 mn et filtrez.
Sucrez avec une cuillère à soupe de miel (toujours de préférence : eucalyptus, lavande ou sapin) et buvez bien chaud.
Prenez-en 4 à 5 tasses par 24 heures les premiers jours, puis diminuez progressivement au fur et à mesure de l'amélioration.